ANTALIS : l'ASAMIS dépose sa contre-expertise à l'AMF

L'ASAMIS saisit l’AMF pour manquement à sa réglementation dans le cadre de l'OPA simplifiée et présente une contre-expertise contestant le rapport de l'expert indépendant et l'attestation d’équité du prix de l’OPAS.

L'association ASAMIS, qui a pour vocation le regroupement des actionnaires du groupe de distribution papetier Antalis, employant 4.700 collaborateurs dans 43 pays, a déposé un recours auprès de l’Autorité des Marchés Financiers afin d’obtenir un juste traitement des minoritaires à l’occasion de la prise de contrôle par le groupe japonais KOKUSAI PULP & PAPER (KPP).

Celle-ci a été actée le 21 juillet par la cession de 75.20 % du capital jusque-là détenu par SEQUANA, ex-société mère, en liquidation depuis mai 2019, et les 8,54 % détenus par Bpifrance Participations.

Le lendemain le Conseil d’administration d’ANTALIS a fait connaitre sa note en réponse à l’offre de KPP incluant le rapport de l’expert indépendant FINEXSI soutenant comme équitable le cours de 0,73 € proposé aux minoritaires.

S’agissant d’une Offre Publique d’Achat simplifiée (OPAS), qui sera éventuellement suivie d'une Offre Publique de Retrait (OPR) avec retrait obligatoire (RO), l’association ASAMIS qui regroupe 307 actionnaires représentant 5,9 millions d’actions correspondant à 8,32% du capital l’a jugée insuffisante. Rappelons que pour pouvoir procéder à une OPR-RO, l’initiateur de l’offre doit réunir plus de 10% du capital.

L’association a eu l’occasion de présenter ses justifications lors d’un entretien avec l’expert FINEXSI et lors d'une réunion avec le cabinet DELOITTE, représentant KPP, et ODDO-BHF SCA présentateur et garant de l’offre de KPP. Toutefois, elle n’a manifestement pas été entendue, aussi a-t-elle :

  • saisi l'AMF, le 29 juillet 2020, pour manquements aux articles 231-16 et 231-17 du Règlement Général de l'AMF ;

  • présenté une contre-expertise financière. En effet, le rapport de l'expert indépendant, validant comme équitable le prix d'Offre de 0.73 €, est critiquable sur plusieurs points, recèle des informations qui ne sont pas cohérentes, et doit être considéré comme irrecevable en l'état.

L'ASAMIS a exposé dans ce courrier les principes fondamentaux, universels et intangibles de la comptabilité. Les données utilisées par l'ASAMIS sont recevables sur la base de ces principes et ne peuvent être mises en doute sur le plan de leur pertinence comptable.

L'ASAMIS constate la remarquable convergence des méthodes d'évaluations qu'elle propose à titre principal ou secondaire. La fourchette étroite de ces évaluations - 1.33 € à 1.53 € - montre la pertinence des méthodes et données utilisées.

Les dispositions de l’article L. 621-8-1 I du Code monétaire et financier, stipule que l’AMF doit vérifier " si le document est complet et compréhensible, et si les informations qu’il contient sont cohérentes ".

L'ASAMIS s'est attachée à démontrer, par ce courrier, que les projets de note d'information et de note en réponse, publiés le 22 juillet 2020, incluant le rapport de l'expert indépendant, contiennent des informations qui ne sont pas cohérentes.

En conséquence, l'ASAMIS a demandé à l'AMF :

  • de ne pas apposer son visa à l'Offre définitive si celle-ci devait être maintenue en l'état ;

  • de faire réviser à KPP le prix de l'Offre à un niveau de cours se situant dans la fourchette de 1.33 € à 1.53 € ;

  • de refuser un éventuel Retrait Obligatoire.

Autre action de l’ASAMIS : mobiliser les minoritaires pour faire échouer l’éventuel retrait obligatoire

Rappelons que le cours d’introduction d’ANTALIS sur Euronext le 12 juin 2017 était de 3 euros et que les minoritaires qui subissent déjà une importante moins-value pourraient la limiter si la fourchette de cours calculée par l’ASAMIS était retenue par KPP.

L’association appelle donc les nombreux petits actionnaires à rejoindre son combat (un TPI effectué en mai 2019 par la société ANTALIS avait dénombré 3.900 actionnaires individuels) et à ne pas apporter leurs titres à l’Offre telle qu’elle est actuellement envisagée à 0,73 € pour faire échouer l’éventuel retrait obligatoire spoliateur en ne permettant pas à KPP de réunir plus de 10% du capital.

>>> LIRE LA CONTRE-EXPERTISE

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