MBWS : résilience et cap sur la rentabilité en 2027 MBWS : résilience et cap sur la rentabilité en 2027

MBWS en 2025 a montré sa résilience face à un déréférencement d’une centrale d’achat et un contexte morose. Elle demeure dynamique et bien positionnée pour accroître sa rentabilité dès 2027.

Comme le blocage du détroit d’Ormuz a fait chuter une partie du trafic maritime, le déréférencement du whisky William Peel par la centrale d’achat AURA en 2025 a amputé MBWS d’une partie de son volume de ventes de ce produit.  Il favorisé en revanche les ventes de ses concurrents dont en premier lieu celles des infidèles alliés du groupe COFEPP. Toutefois le navire MBWS bien qu’affecté par cette manœuvre hostile et le comportement de ses supposés alliés mais vrais concurrents, a montré sa résilience, y compris dans des vents globalement contraires.

Le Chiffre d’Affaires 2025 n’a pu qu’être affecté en France par l’effet de ciseau de l’arrêt des achats d’Aura et les campagnes de promotion des autres sociétés du groupe COFEPP (Bardinet et La Martiniquaise)

Le CA total 2025 a baissé de -8,7% (172,0M€ contre 188,4M€), quasi exclusivement en raison de la baisse du marché français (-17,5%) tandis que le cluster international stagnait dans un contexte économique morose (-1,5%).

Les chiffres témoignent cet incident.

  1. Les effets du déréférencement en France ont démarré dès le début des négociations tarifaires du 1er trimestre et ont culminé jusqu’à la rentrée d’automne où la reprise des livraisons avant les fêtes de Noël a permis de limiter un peu l’impact sur le 4e trimestre, encore très en-deçà des chiffres de 2024
  2. Le cluster international, contrasté selon les pays, a bien résisté sur 2025 dans un contexte de baisse de la consommation de spiritueux. Le cluster a représenté 60% des ventes globales et permis de limiter la dépendance de MBWS au marché français. En termes d’image et de résilience, MBWS marque ainsi une évolution importante. 

Le CA est affiché « net de droits d’accises » : assez curieusement, les droits de 2025 (44 956K€) sont quasi identiques à ceux de 2024 (45 535K€) alors que la CA brut a baissé de 233 934K€ à 216 991K€ (-7,2%) en 2024. Ces droits étant basés sur les Déclarations Récapitulatives Mensuelles (DRM) à la DGFIP, basées sur les mouvements de stock, il est possible que la reconstitution des stocks chez les distributeurs en fin d’année 2025 ait gonflé le montant mais l’effet inverse, lié au déréférencement, n’est pas explicité.

Une marge opérationnelle courante globalement préservée 

Le Résultat Opérationnel Courant (ROC) a logiquement bénéficié d’achats consommés et de charges externes diminués mais les charges de personnel n’ont pas baissé (Les difficultés espérées temporaires du déréférencement ne le justifiaient pas) et les impôts et taxes d’exploitation ont très curieusement augmenté (+39% à 1 619K€.  Le ROC 2025 aurait logiquement dû baisser fortement, mais le solde des autres produits et charges d’exploitation (+386K€ contre -618K€) permet de limiter sa baisse à -12,5% (7 774K€ contre 8 891K€). L’écart de +1 004K€ sur les autres produits et charges d’exploitation est donc un effet d’aubaine qu’il conviendrait de mieux comprendre. 

Les autres produits et charges opérationnels non courants ont enregistré un solde négatif défavorable en 2025 (-962K€ contre +718K€). Aucun détail n’est présenté dans le communiqué officiel. Le résultat opérationnel de 2025 atterrit donc à 6 812K€, en baisse de -29% sur 2024 (9 610K€), ce à quoi on pouvait s’attendre avec la baisse du CA. La lisibilité des éléments constitutifs du résultat opérationnel est toutefois assez limitée et empêche de tirer des conclusions pour les interpréter. 

L’EBITDA, calculé en réintégrant au Résultat Opérationnel les charges nettes d’amortissement et de provisions (sans impact sur la trésorerie) ressort à 13,6M€ en 2025 contre 15,2M€ en 2024 (-10,3%), soit 7,9% du CA. C’est moins qu’en 2024 (8,1%) mais témoigne de la bonne gestion de MBWS dans le contexte.

Le détail du calcul de l’EBITDA pourra être appréhendé plus précisément lorsque le Document de Référence Universel (DEU) sera publié, notamment sur la prise en compte des éléments non courants.

Commentaires

  1. Comme on l’a vu ci-dessus, le Résultat Opérationnel à baissé de -29% à 6 812K€
  2. Il faut y ajouter les dotations aux amortissements (compte de résultat : 5 816K€) mais également retrancher les reprises d’amortissements et provisions. Or, les dotations nettes aux amortissements et provisions (tableau des flux de trésorerie) sont de 3 712K€. Hors l’impact de cessions d’immobilisation, la différence entre ces 2 chiffres (2 104K€) correspond donc à des reprises de provisions. Les provisions courantes (au bilan) ont effectivement baissé de 3 168K€ à 2 035K€ (-1 133K€) mais les provisions non courantes ont augmenté de 3 335K€ à 3 893K€ (+558K€). A préciser avec le DEU
  3. La contribution (négative) de la Holding est de -4,1M€ comme en 2024 et 2023 (-4,0M€) soit 30% de l’EBITDA consolidé contre 26% en 2024. Sa récurrence de valeur absolue, procurerait, en cas d’augmentation de l’EBITDA opérationnel, un effet de levier favorable. Par ailleurs bien que d’importants efforts aient été faits les années passées sur son volume, il pourrait rester encore une marge d’amélioration.

Le résultat net de l’exercice (9 154K€) est favorablement impacté par les produits financiers nets sur la trésorerie (+784K€) et un solde de « autres produits et charges financières » de 2 039K€ (contre +247K€ en 2024). S’agit-il de reprise de provisions ? Si oui, lesquelles ?

L’impôt sur les résultats est en forte baisse (-480K€ contre -1 609K€ en 2024) sans que l’on sache s’il s’agit d’une utilisation partielle du déficit fiscal. Au global, le résultat net apparaît donc proche de celui de 2024 mais avec plusieurs contributions non opérationnelles inexpliquées.  

Un flux de trésorerie d’exploitation correct mais impacté par le BFR

La Capacité d’Autofinancement (CAF) ajoute au résultat net de 9 154K€ les dotations nettes aux amortissements et provisions de 3 712K€ (voir ci-dessus) et des cessions d’actifs de 659K€. Après coût de l’endettement financier net et charge d’impôt, cette CAF ressort à 13 524K€ contre 14 036K€ en 2024, ce qui est une bonne performance compte tenu de la baisse du CA.

L’évolution du Besoin en Fonds de Roulement (BFR) dégrade cependant sensiblement la situation de trésorerie en 2025 (-8 972K€) : MBWS l’explique par le restockage de la grande distribution fin 2025 et la hausse du coût des produits stockés mais les chiffres issus du bilan sont loin d’expliquer la réalité du chiffre indiqué. Le bilan indique en effet : créances clients : +1 858K€ ; stocks : +4 198K€ ; fournisseurs : -2 780K€ sans autre détail.

Le flux de trésorerie des opérations (BFR inclus) ressort positif de 4 114K€ : compte tenu des investissements (6 716K€) et de différents postes, dont un impact négatif de taux de change (1 430K€), la trésorerie a finalement baissé de -4 021K€ et ressort à 52 039K€ fin 2025. 

Un bilan conservateur et surcapitalisé

L’Actif appelle peu de commentaires sur les immobilisations :

  • les immobilisations incorporelles (74M€) qui intègrent la valeur des marques comportent une plus-value latente importante.
  • En bas de l’Actif, l’impact du BFR, évoqué ci-dessus, fait apparaître des créances clients et des stocks très élevés et une trésorerie amputée de -4M€ sur 2024. La trésorerie disponible (52M€) représente 80% du BFR d’exploitation (65M€) ; ce qui demeure excellent.

Pour ce qui concerne le BFR lié aux stocks, une phrase du communiqué mériterait quelques éclaircissements : « La hausse du BFR provient de […] l'augmentation des stocks de whisky en raison de l’inflation de son coût unitaire et des conditions contractuelles annuelles d'achats et malgré les dispositions prises pour les limiter ». 

Au Passif, les capitaux propres atteignent 222M€ dont 7M€ d’emprunts financiers à court et long terme. La situation financière de MBWS est exceptionnellement solide.

Conclusion :

MBWS demeure ce qu’on appelle une belle affaire.

Dans un contexte économique temporairement affecté par un déréférencement de sa marque de whisky WILLIAM PEEL aussitôt exploité par ses concurrents dont les marques LABEL 5 et SIR EDWARD’S  de ses supposés alliés du groupe COFEPP ; MBWS a bien résisté.

La résilience du groupe MBWS passe aussi par ses initiatives pour s’adapter aux tendances des marchés (nouveaux produits, nouveaux canaux de distribution…). Il faut y reconnaître un management avisé mais aussi la latitude financière permise par une société sur-capitalisée – comme le groupe COFEPP d’ailleurs -.

Tags: